Светлый фон

Таково было мне первое приветствие в любезном отечестве.

Приложения к путешествию в Арзрум

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I. Otice Sur La Secte Des Yézidis54

I. Otice Sur La Secte Des Yézidis54

Entre les sectes nombreuses que se sont élevées dans la Mésopotamie, parmi les Musulmans, après la mort de leur prophète, il n'en est aucune qui soit odieuse à toutes les autres autant que celle des Yézidis. Les Yézidis ont pris leur nom du scheikh Yézid, auteur de leur secte, et ennemi déclaré de la famille d'Ali. La doctrine dont ils font profession, est un mélange du manichéisme, du mahométisme et de la croyance des anciens Perses. Elle se conserve parmi eux par tradition, et est transmise de père en fils sans le secours d'aucun livre: car il leur est défendu d'apprendre à lire et à écrire. Ce défaut de livres est sans doute la cause, pour laquelle les historiens Mahométans ne parlent de cette secte qu'en passant, et pour désigner sous ce nom des gens abandonnés au blasphême, cruels, barbares, maudits de Dieu, et infidèles à la religion de leur prophète. Par une suite de cela on ne peut se procurer, relativement à la croyance des Yézidis, aucunes notions certaines, si ce n'est ce qu'on observe aujourd'hui même parmi eux.

Les Yézidis ont pour premier principe de s'assurer l'amitié du Diable, et de mettre l'épée à la main pour sa défense. Aussi s'abstiennent-ils non-seulement de le nommer, mais même de se servir de quelque expression dont la consonnance approche de celle de son nom. Par exemple un fleuve se nomme dans le langage ordinaire schatt, et comme ce mot a quelque léger rapport avec le mot scheïtan, nom du Diable, les Yézidis appellent un fleuve avé mazen, c'est à-dire grande eau. De même encore les Turcs maudissent fréquemment le Diable, en se servant pour cela du mot nal, qui veut dire malédiction; les Yézidis évitent avec grand soin tous les mots qui ont quelque analogie avec celui-là. Ainsi au lieu du mot nal qui signifie aussi fer de cheval, ils disent sol, c'est-à-dire, semelle de souliers d'un cheval, et ils substituent le mot solker, qui veut dire savetier, au terme du langage ordinaire nalbenda, qui signifie maréchal. Quiconque fréquente les lieux qu'ils habitent, doit être très-attentif à ne point prononcer les mots diable et maudit, et surtout ceux-ci, maudit soit le diable; autrement il courrait grand risque d'être maltraité, ou même tué. Quand leurs affaires les attirent dans les villes Turques, on ne peut pas leur faire de plus grand affront que de maudire le diable devant eux, et si la personne qui a eu cette imprudence vient à être rencontrée en voyage par des Yézidis et reconnue, elle est en grand danger d'éprouver leur vengeance. Il est arrivé plus d'une fois que des hommes de cette secte ayant été arrêtés pour quelque crime par la justice Turque, et condamnés à mort, ont mieux aimé subir leur condamnation que d'user de la faculté qui leur était accordée, de s'y soustraire en maudissant le Diable.