Светлый фон

N. 173. – L’envoyé de Pologne, La Neuville, résident alors à Moscou… prétend que Sophie et Gallitzin engagèrent le nouveau chef des strélitz à leur sacrifier leur jeune czar (441).

SUPP. p. 111, l. 16. l’envoyé de Pologne la Neuville. Il étoit émissaire du marquis de Bethune, envoyé de France en Pologne, pour découvrir le sujet de la négociation des ministres de Suède et de Brandebourg à la cour de Russie. Il n’étoit muni de lettres de créance du roy de Pologne que pour le garantir d’être traité en espion. C’est ce qu’il dit lui-même dans la dédicace de sa relation.

SUPP. p. 111, l. 19. Sophie et Galizin engagèrent le nouveau chef des strélits à leur sacrifier le jeune czar. Quoiqu’en dise Neuville, il est fort douteux que Galizin ait eu part à cette trahison. Matfeow ne le met pas dans le nombre des complices. S’il en avoit été, l’empereur l’auroit sans doute puni plus sévèrement. Tscheglovitoi étoit le nouveau chef des strélits dont parle Mr. de Voltaire. Cependant il n’étoit pas nouveau dans cette place. Il l’occupoit depuis 1683. Il ne faut pas oublier ici de parler de l’occasion où l’empereur manifesta pour la première fois en public sa colère contre la princesse Sophie. C’étoit le 8 Juillet 1689 à une procession qu’on devoit tenir en honneur de l’image miraculeuse de la S. Vierge du Casan. Les zars avoient coutume d’y assister. Pierre s’étoit rendu pour cela avec son frère le zar Iwan dans la cathédrale. La princesse arriva au commencement de la cérémonie. Pierre ne voulut pas qu’elle y assista. Cependant, comme elle ne se fit pas décourager par les grosses paroles de son frère, Pierre quitta la procession, et se retira à Colomenskoe, village à 7 werstes de Moscou, où sa mère et son épouse le suivirent. Alors la princesse conçut le pernicieux dessein dont parle Mr. de Voltaire. Le complot fut entamé au commencement d’Août. Tscheglowitoi devoit l’executer avec ses strélits. Vers le même temps Pierre passa avec sa famille de Colomenskoe à Preobraschenskoe. C’est sur les mémoires de Matfeow que se rapportent ces faits.

N. 174. – Les Mémoires secrets que la cour de Russie m’a confiés assurent que le parti était pris de tuer Pierre Ier… Le czar fut encore obligé de se sauver au couvent de la Trinité (441).

SUPP. p. ni, l. 23. les mémoires secrets. Ce sont sans doute les mémoires de Matfeow. Il n’y en a pas d’autres plus authentiques. Je ne sçai pas, pourquoi Mr. de Voltaire les nomme secrets.

SUPP. p. 112, l. 4. le czar fut encore obligé de se sauver au couvent de la Trinité. Il falloit dire premièrement, comment on fut averti du danger, et en conter après cela les suites plus en détail. C’étoit la nuit du 7 au 8 Août, que quatre strélits, du nombre de ceux que Tscheglowitoi avoit choisi pour son expédition secrète, par un remord de conscience, accoururent à Preobraschenskoe, découvrirent le dessein, et avertirent l’empereur, qu’on viendroit la même nuit l’attaquer et mettre à mort lui, sa mère, son épouse et sa sœur la princesse Natalie; ils conseilloient de quitter Preobraschenskoe le plus vite qu’il seroit possible, et d’aller se réfugier en quelque endroit sûr. D’abord l’empereur partit avec sa famille pour le couvent de la Trinité. Les conjurés arrivèrent en effet la même nuit, et apprenant le départ de la Cour retournèrent à Moscou. Cependant ceux de la Cour, qui avoient été avec l’empereur à Preobraschenskoe, le suivirent au couvent, ce que faisoient aussi les principaux seigneurs qui vivoient à Moscou, ou sur leurs terres aux environs de la ville, lorsqu’ils apprirent ce qui venoit se passer. Le reste de la noblesse fut convoqué par un édit. Les régiments réguliers, de l’institution du zar Alexei Michailowitsch, dans lesquels il y avoit beaucoup d’officiers étrangers, marchoient à la défence de leur maître. Tout le monde étoit en mouvement. Il y avoit même un régiment des strélits, appellé Soukharew Polk, qui suivit l’exemple des régiments réguliers. On ne parloit à Moscou que de l’atrocité du coup manqué, cependant la princesse et ses adhérants tâchèrent à se disculper. Le patriarche devoit prendre leur justification et prier l’empereur de se reconcilier avec sa sœur. Mais à peine fut-il arrivé au couvent de la Trinité, qu’apprenant les raisons que la Cour avoit d’en agir de la sorte, il fut pleinement convaincu du tort de la princesse. Il ne voulut plus retourner chez elle.