Светлый фон

La polémique qui s’engagea entre Pétersbourg et Voltaire fut pour celui-ci un sujet interminable d’irritation. Et pourtant, l’amertume ou l’ironie mordante qui se dégagent de ses répliques sont moins provoquées par une différence de vues sur des questions secondaires et, somme toute, de peu d’importance: ce qui le blesse est qu’on veuille lui dicter la loi. On voulait apprendre à écrire à lui, écrivain; on insistait pour lui imposer des opinions et des jugements qui lui répugnaient; on discutait ses appréciations des faits historiques, on incriminait ses commentaires philologiques, on lui enseignait la terminologie à employer et on guettait ses moindres erreurs et ses bévues comme s’il se fût agi d’un écolier. Le zèle qui animait ses contradicteurs allait si loin qu’ils ne craignaient pas de s’engager sur un terrain où Voltaire, plus que tout autre, avait le droit de se croire une autorité en matière et où par conséquent les conseils de personnes moins compétentes devaient blesser tout particulièrement son amour-propre: on osait lui enseigner le français! (Voir, p. ex., dans le Sommaire les NN. 7, 82, 84, 95, 114, 120, 283).

Tout en ne ménageant pas à Voltaire ni insinuations ni remarques les censeurs de Pétersbourg étaient souvent eux-mêmes en faute (Voir, p. ex., les NN. 65, 102, 116, 126, 186). Il y eut également bien des discussions au sujet de la prononciation et de l’orthographe de certains noms propres d’origine étrangère (NN. 38, 52, 54, 65, 80, 118, 121, 131, 142, 208, 215, 222, 223, 257, 272, 274, 279, 284, 291, 293, etc.).

Dans l’appendice au chapitre IV nous donnons une liste des expressions et des mots: 1. corrigés par Voltaire dans son manuscrit, selon les indications reçues (elles sont au nombre de 9); 2. des expressions et des mots modifiés ou remplacés dans le texte imprimé (18 en tout) et, 3. des fautes relevées par les académiciens russes mais que Voltaire ne voulut pas corriger et qu’il conserva intégralement (au nombre de 63).