Светлый фон

N. 159. – Un certain Abakum, archiprêtre, avait dogmatisé à Moscou sur le Saint-Esprit, qui, selon l’Evangile, doit illuminer tout fidèle; sur l’égalité des premiers chrétiens; sur ces paroles de Jésus: Il n’y aura parmi vous ni premier ni dernier. Plusieurs citoyens, plusieurs strélitz, embrassèrent les opinions d’Abakum; le parti se fortifia; un certain Raspop en fut le chef [note de Voltaire: «1682, 16 Juillet n. st.»] (437–438).

REM. II. p. 103, l. 19. Rospop n’est pas un nom propre, il veut dire un homme à qui on a ôté la prêtrise. Son nom étoit Nikita (REM. I. et MÜLLER: même texte).

SUPP. p. 103, l. 11. un certain Abakum. Il faut observer, qu’Awakum ne vivoit plus alors. Il auroit été condamné par un concile assemblé à Moscou en 1677 à être envoyé en prison Pustoserskoi Ostrog. Il continua non obstant à semer sa doctrine, et proféra des injures contre le gouvernement. C’est pour ça on l’avoit mis à mort. Nikita, complice d’Awakum, étoit rentré dans le sein de l’église, après une réfutation solennele de ses erreurs; mais on l’apperçut par la suite qu’il ne l’avoit fait que par dissimulation.

JOUR. Croyez-vous qu’on puisse prendre et faire passer pour le nom d’une personne le mot Rasp0p qui signifie prêtre excommunié? c’est ce qu’a pourtant fait l’historien du czar, pag. 103, 104 et 105. – Objection de Voltaire: «Qu’on lise tout ce morceau dans l’histoire de M. de Voltaire et l’on verra que cette prétendue erreur ne jette aucune espèce de contre-sens dans le récit des brigues de ce Raspop ou de ce prêtre excommunié, si toutefois l’explication du Critique n’est pas fausse».

N. 160. – Les sectaires enfin entrèrent dans la cathédrale, où le patriarche et son clergé officiaient: ils le chassèrent, lui et les siens, à coups de pierres, et se mirent dévotement à leur place pour recevoir le Saint-Esprit (438).

SUPP. p. 103, l. 20. les sectaires entrèrent dans la cathédrale. Ce fait ne se trouve pas ni dans la relation de Matfeow, ni dans le livre «Цвет духовной», par conséquent il doit être regardé comme faux.

N. 161. – On courut avertir la princesse Sophie et les deux jeunes czars de ces désordres; on fit dire aux autres strélitz qui soutenaient la bonne cause que les czars et l’église étaient en danger. Le parti des strélitz et bourgeois patriarcaux en vint aux mains contre la faction des abakumistes; mais le carnage fut suspendu dès qu’on parla de convoquer un concile (438).

SUPP. p. 104, l. 6. On courut avertir la princesse Sophie. p. 104, l. 10. le parti des strélits et bourgeois patriarcaux en vint aux mains, etc. p. 104, l. 13. Le carnage fut suspendu dès qu’on parla de convoquer un concile. Tout cela paroit être ajouté par l’historien. Il ne s’en trouve rien dans les mémoires authentiques. C’étoit, selon Matfeow, le prince Chowanski, qui porta la princesse à convoquer le concile.