Светлый фон

Évidemment ces quelques lignes ne figuraient pas dans le manuscrit: elle constituent une répétition presque intégrale de ce que l’Académie avait cru bon de communiquer à Voltaire dans les observations à propos de ce manuscrit. Voir plus haut le N. 336.

N. 340. – Pierre se hâta de marcher sur la rive droite du Pruth, dès qu’il eut formé quelques magasins. Le point décisif était d’empêcher les Turcs, postés au-dessous sur la rive gauche de passer ce fleuve et de venir à lui. Cette manœuvre devait le rendre maître de la Moldavie et de la Valachie: il envoya le général Janus avec l’avant-garde pour s’opposer à ce passage des Turcs; mais ce général n’arriva que dans le temps même qu’ils passaient sur leurs pontons: il se retira, et son infanterie fut poursuivie jusqu’à ce que le czar vint lui-même le dégager (523).

(523).

SEC. p. 11. Pierre se hâta. Comme il étoit impossible de trouver assés de provision dans ce pays ruiné, il fut arrêté dans un conseil de guerre que toute l’armée resteroit près de Yassi pendant qu’on y formeroit des magasins. Cependant on eût avis que les Turcs n’avoient pas encore tous passé le Danube. L’hospodar de Moldavie et les seigneurs de ce pays en profitèrent pour prier le Tsar de prévenir l’ennemi; ils représentèrent que les Turcs avoient formé de grands magasins au delà de la rivière de Syreth dont il seroit facile de s’emparer, puisqu’ils n’étoient pas gardés. Castriot envoyé de l’hospodar de Valachie et le Comte Thomas Cantacouzène qui dans la suite passa au service de Russie confirmèrent la même chose. Quoique il fut très dangereux de se prêter à leurs propositions, on se flattoit néanmoins de prévenir les Turcs au passage du Danube et de pouvoir alors plus facilement à la subsistance de l’armée. On ordonna en conséquence à toute l’armée de s’avancer le long de la rive droite du Pruth jusqu’à l’endroit nommé Falksin, où il auroit été très difficile aux Turcs de passer la rivière à cause de grands marais. Le général Rönne fut détaché en même temps avec la moitié de la cavalerie vers la rivière de Syreth pour y enlever tous les vivres. On continua ainsi la marche jusqu’au 18 juillet que l’on reçu la nouvelle inattendue du général Janus qui formoit l’avant-garde avec la cavalerie à la distance de deux mille de l’infanterie, que les Turcs avoyent déjà passé le Pruth. Ce… [?] cependant étoit faux car l’ennemi ne l’avoit pas encore passé; Janus auroit pu arrêter s’il avoit marqué plus de courage, mais d’abord qu’il aperçut quelques têtes blanches de ce côté-ci de la rivière, il prit le parti de se retirer vers l’infanterie. Les ennemis enhardis par sa retraite se hâtèrent de passer le Pruth avec leurs meilleurs troupes et le poursuivirent jusqu’à Pierre I arriva lui-même à son secours avec un corps d’infanterie et le dégagea. Janus avoit formé de sa division un quarré long entouré de chevaux de frise que les Turcs ne purent enfoncer malgré tous les efforts qu’ils firent.