Светлый фон

NB. L’expression: «les autres Mémoires» a été adoptée plus tard: dans l’édition de 1764 (Leipzig) nous lisons: «les mêmes mémoires».

N. 352. – SEC. p. 15. Les Russes se firent un rempart de leurs morts entassés. Il est incontestable et toutes les relations en sont d’accord, que pendant les deux journées que les Turcs faisoient leurs efforts pour nous entamer ils ne purent jamais parvenir à rompre nos chevaux de frise. Tel étoit le rempart des Russes! bien loin d’en avoir fait un de leurs morts entassés; ce que d’ailleurs eut été impossible. On est surpris de voir qu’on s’efforce de grossir les objets en racontant les pertes que l’action du Pruth auroit causé. La division de Janus qui se trouva la plus engagée avec la cavalerie Turque et les janissaires après qu’ils eurent passé la rivière fut celle qui avoit souffert le plus, cependant sa perte n’alla pas au delà de 500 hommes. En un mot ce ne fut pas une bataille, mais plutôt une défence continuelle contre un ennemi fort et entreprenant qu’on rebutoit de nous venir attaquer.

NB. Les deux dernières remarques [NN. 351, 352] en les combinant avec le Journal de Pierre le Grand, suffiront pour disposer Mr. de Voltaire à refondre entièrement ce qu’il dit sur la perte des Russes depuis l’endroit.

Dans le texte imprimé nous ne trouvons pas le passage correspondant à cette observation: nous pouvons en conclure que le manuscrit ait subi une véritable transformation et que Voltaire y ait omis les lignes qu’on lui demandait d’exclure.

N. 353. – A quelque petit nombre que l’armée russe fût réduite, on se flattait qu’une résistance si intrépide et si opiniâtre en imposerait au grand vizir; qu’on obtiendrait la paix à des conditions honorables pour la Porte-Ottomane; que ce traité, en rendant le vizir agréable à son maître, ne serait pas trop humiliant pour l’empire de Russie. Le grand mérite de Catherine fut, ce semble, d’avoir vu cette possibilité dans un moment où les généraux ne paraissaient voir qu’un malheur inévitable (527).

SEC. p. 16. Si le Tsar en effet etc. jusques dans un moment où les généraux paroissent ne voir qu’un malheur inévitable.

L’observation elle-même manque: Pétersbourg s’est contenté de citer le texte manuscrit; mais on voit que Voltaire l’a modifié dans la suite, car les premiers mots du passage cité manquent dans le texte imprimé.

N. 354. – Nordberg, dans son Histoire de Charles XII, rapporte une lettre du czar au grand vizir, dans laquelle il s’exprime en ces mots: «Si, contre mon attente, j’ai le malheur d’avoir déplu à Sa Hautessse, je suis prêt à réparer les sujets de plainte qu’elle peut avoir contre moi. Je vous conjure, très-noble général, d’empêcher qu’il ne soit répandu plus de sang, et je vous supplie de faire cesser dans le moment le feu excessif de votre artillerie. Recevez l’otage que je viens de vous envoyer». – Cette lettre porte tous les caractères de fausseté, ainsi que la plupart des pièces rapportées au hasard par Nordberg: elle est datée du 11 juillet, nouveau style; et on n’écrivit à Baltagi Mehemet que le 21, nouveau style; ce ne fut point le czar qui écrivit, ce fut le maréchal Sheremetof; on ne se servit point dans cette lettre de ces expressions «le czar a eu malheur de déplaire à Sa Hautesse», ces termes ne conviennent qu’à un sujet qui demande pardon à son maître; il n’est point question d’otage: on n’en envoya point; la lettre fut portée par un officier, tandis que l’artillerie tonnait des deux côtés (527).