Светлый фон

N. 237. – Le jeune roi de Suède… ne pouvait opposer que dix pièces d’artillerie à cent quarante-cinq canons dont les retranchements des Russes étaient bordés. Toutes les relations de ce temps-là, tous les historiens sans exception, font monter l’armée russe devant Narva à quatre-vingt mille combattants. Les Mémoires qu’on m’a fait tenir disent soixante, d’autres quarante mille (472).

REM. II. p. 190, l. 2. dix pièces. Nordberg, Adlerfeld et les autres historiens Suédois avouent eux-mêmes, qu’ils en avoient trente-sept sur deux batteries (REM. I.: idem. MÜLLER: idem).

REM. II. p. 190, l. 6. tous les historiens. C’est l’ordinaire des vainqueurs de grossir le nombre de leurs ennemis vaincus. Cette victoire de Charles XII n’a été d’abord connue en Europe que par les relations des Suédois et de leurs partisans, et copiée après par tous les auteurs qui ont parlé de cette journée. Il est d’une vérité incontestable que l’armée Russe n’étoit composée tout au plus que de 40.000 combattans, mais on ne nie pas, qu’il n’y ait eu peut-être plus de 20.000 bras inutiles à la suite de cette armée. C’étoit l’ancienne coutume des Russes d’avoir toujours un grand train d’equipage et de serfs. Les provisions pour toute la campagne suivoient ordinairement l’armée. Chaque gentilhomme avoit les siennes et on ne connoissoit pas encore l’avantage d’établir de distance en distance des magazins. On auroit souhaité que Mr. de Voltaire eût plus détaillé les causes de cette défaite, marquées dans le journal de Pierre I, auquel il se rapporte pourtant. (REM. I.: même texte, mais sans les derniers mots: «auquel il se rapporte pourtant».) (MÜLLER: idem, ainsi que dans les REM. II.).

N. 238. – Les uns courent se jeter dans la rivière de Narva, et une foule de soldats y furent noyés; les autres abandonnaient leurs armes et se mettaient à genoux devant les Suédois (473).

REM. II. p. 191, l. 15. On ne trouve dans aucun historien Suédois qui a écrit la vie de Charles XII, que les Russes se soient mis à genoux devant leurs vainqueurs. Le soldat russe ne connoit pas jusqu’à présent cette manière de demander grâce ou pardon. Le nombre de ceux qui défilèrent devant le roi de Suède, et mirent bas leurs armes, ne pouvoit excéder vingt mille hommes. Une grande partie avoit déjà passé la rivière de Narova avec leurs armes. (REM. I.: même texte, mais sans la phrase: «Le soldat russe – au pardon».) (MÜLLER: même texte que dans les REM. II.).

N. 239. – Parmi les prisoniers se trouva le fils du roi de Géorgie, qui fut envoyé à Stockholm; on l’appelait Mittelleski, czarovicz, fils de czar; ce qui est une nouvelle preuve que ce titre de czar ou tsar ne tirait point son origine des Césars romains (473).