Светлый фон

Voltaire corrigea l’erreur.

N. 374. – Un ministre dont on a imprimé des Mémoires sur la cour de Russie, dit, dans une lettre écrite à son maître, datée du 25 auguste 1711, que «ce prince était grand et bien fait, qu’il ressemblait beaucoup à son père, qu’il avait le cœur bon, qu’il était plein de piété, qu’il avait lu cinq fois l’Écriture sainte, qu’il se plaisait fort à la lecture des anciennes histoires grecques; il lui trouve l’esprit étendu et facile; il dit que ce prince sait les mathématiques, qu’il entend bien la guerre, la navigation, la science de l’hydraulique, qu’il sait l’allemand, qu’il apprend le français; mais que son père n’a jamais voulu qu’il fît ce qu’on appelle ses exercices». Voilà un portrait bien différent de celui que le czar lui-même fit quelque temps après de ce fils infortuné (536–537).

SEC. p. 8. l. 3. Un ministre dont on a imprimé des mémoires. Le portrait que ce ministre fait du Tsarevits est absolument faux, et on voit bien qu’il n’a guère connu ce prince. Il n’étoit ni grand ni bien fait, et il ne possedoit aucune de ces qualités que le ministre lui attribua. Pierre I trop occupé de la guerre, presque toujours hors de ses États ne pouvoit veiller lui-même à son éducation, et ceux qui étoient chargés la négligèrent. Il savoit très peu des mathématiques, rien de la navigation, ni de hydraulique et pour ce qui regarde les langues il ne possedoit que l’allemand. Superstitieux au suprême degré, rempli de préjugé, il n’aimoit à s’entretenir qu’avec des prêtres et autres ennemis des connaissances utiles, blamant toujours les actions et les projets de l’Empereur son père, et promettant de rétablir les anciens usages et coutumes aussitôt qu’il parviendroit au trône. Il n’est pas moins faux que Pierre I n’ait pas voulu qu’il fît ce qu’on appelle ses exercices. Le Tsarevits n’avoit aucune inclination pour tout cela et encor moins pour le métier de la guerre. Tant de mauvaises qualités ne pouvoient que diminuer l’affection du père pour le fils. Il essaye de le corriger en mariant avec une princesse d’Allemagne, mais il ne fit que rendre cette princesse malheureuse.

Voltaire ne prit pas garde aux efforts qu’on faisait à Pétersbourg pour présenter le tsarevich Alexis sous un jour moins favorable et conserva intacte la caractéristique puisée dans l’ouvrage de Weber: «Das veränderte Russland» qu’il connaissait dans la traduction française de 1728. Plus tard cependant il diminua la portée du témoignage de Weber en faisant mention de l’opinion contraire existante. Voir le N. 375.