Светлый фон

N. 375. – C’est à la postérité à décider entre un étranger qui peut juger légèrement ou flatter le caractère d’Alexis, et un père qui a cru devoir sacrifier les sentiments de la nature au bien de son empire. Si le ministre n’a pas mieux connu l’esprit d’Alexis que sa figure, son témoignage a peu de poids: il dit que ce prince était grand et bien fait; les Mémoires que j’ai reçus de Pétersbourg disent qu’il n’était ni l’un ni l’autre (537).

SEC. C’est à la postérité à décider. Qui doutera que Pierre I n’ait mieux connu le véritable caractère de son fils, qu’un ministre étranger qui peut-être ne l’a vu que dans des occasions publiques, et dont le récit ne se fonde que sur un oui dire.

N. 376. – Catherine… quoiqu’elle fût regardée comme czarine, elle n’était point reconnue solennellement en cette qualité (537).

SEC. p. 8 à la fin. Elle n’étoit point reconnue solennellement. Son mariage n’avoit pas encor été célébré solennellement.

N. 377. – Le czar envoya d’abord [note: 9 janvier 1712] les deux nouveaux époux à Volfenbuttel, et reconduisit bientôt la czarine à Pétersbourg (537).

SEC. p. 9. Le Tsar y aller lui présenter son beau-fils et sa belle-fille. Il y vint tout seul le 7enovembre 1711 et retourna avec son épouse à Pétersbourg le 9 janvier 1712. Les nouveaux époux partirent de Torgau pour Wolfenbuttel.

Il est difficile d’établir avec certitude en quoi consiste le changement apporté par Voltaire au texte manuscrit.

N. 378. – Ayant fait le mariage de son fils, il déclara plus solennellement le sien, et le célébra à Pétersbourg [note: 19 février 1712] (537).

SEC. il déclara solennellement le sien. Il l’avoit déjà déclaré le 17 mars 1711, il le célébra à Pétersbourg le 1 mars 1712.

N. 379. – Catherine fut reconnue publiquement czarine, pour prix d’avoir sauvé son époux et son armée (538).

SEC. Autocratrice. Ce titre ne se donne jamais à la femme du souverain. Il n’appartient qu’à lui seul.

Evidemment la modification du texte consiste dans la substitution du mot «Czarine» au mot autocratrice».

N. 380. – Je dois fidèlement rapporter ce que je trouve concernant ce mariage, dans les dépêches du comte de Bassevitz, conseiller aulique à Vienne, et longtemps ministre de Holstein à la cour de Russie. C’était un homme de mérite, plein de droiture et de candeur, et qui a laissé en Allemagne une mémoire précieuse. Voici ce qu’il dit dans ses lettres: «La czarine avait été non seulement nécessaire à la gloire de Pierre, mais elle l’était à la conservation de sa vie. Ce prince était malheureusement sujet à des convulsions douloureuses, qu’on croyait être l’effet d’un poison qu’on lui avait donné dans sa jeunesse. Catherine seule avait trouvé le secret d’apaiser ses douleurs par des soins pénibles et des attentions recherchées dont elle seule était capable, et se donnait tout entière à la conservation d’une santé aussi précieuse à l’État qu’à elle-même. Ainsi le czar, ne pouvant vivre sans elle, la fit compagne de son lit et de son trône.» Je me borne à rapporter ses propres paroles (538).