SEC. p. 10. Le comte de Bassevits. On le connu à la cour de Russie avec des qualités bien différents de celles que Mr. de Voltaire lui attribue. C’étoit un homme présomptueux, méchant et indiscret au suprême degré. Mr. Westphal[en] ministre de Danemark à Pétersbourg avoit coutume de dire que toutes les fois qu’il vouloit savoir quelque secret de Bassevits il n’avoit qu’à donner un écu à son laquey pour aller boire avec ceux de Bassevits. Son procès avec le duc de Holstein est connu. Il y en a plusieurs pièces imprimées de part et d’autre. Ce qu’il dit dans ses lettres au sujet de Catherine et des convulsions douloureuses de Pierre I est aussi faux que mal tourné.
N. 381. – Voici ce que je trouve dans le manuscrit curieux d’un homme qui était alors au service du czar, et qui parle comme témoin. (La citacion est trop longue pour que nous puissions la reproduire ici. Il s’agit de Charles Skavronski: on y raconte comment il fut trouvé et amené ŕ Pétersbourg ŕ la présence de l’empereur et de l’impératrice. En reconnaissant en Skavronski le véritable frčre de la tsarine, Pierre dit ŕ son épouse): «Cet homme est ton frère; allons, Charles, baise la main de l’impératrice, et embrasse ta sœur». L’auteur de la relation ajoute que l’impératrice tomba en défaillance, et que lorsqu’elle eut repris ses sens le czar lui dit: «il n’y a là rien que de simple: ce gentilhomme est mon beau-frère: s’il a du mérite, nous en ferons quelque chose; s’il n’en a point, nous n’en ferons rien». – Il me semble (continue ensuite Voltaire lui-męme) qu’un tel discours montre autant de grandeur que de simplicité, et que cette grandeur est très-peu commune. L’auteur dit que Scavronski resta longtemps chez Shepleff, qu’on lui assigna une pension considérable, et qu’il vécut très-retiré. Il ne pousse pas plus loin le récit de cette aventure, qui servit seulement à découvrir la naissance de Catherine; mais on sait d’ailleurs que ce gentilhomme fut créé comte, qu’il épousa une fille de qualité, et qu’il eut deux filles mariées à des premiers seigneurs de Russie. Je laisse au peu de personnes qui peuvent être instruites de ces détails à démêler ce qui est vrai dans cette aventure, et ce qui peut y avoir été ajouté (538–540).
(La citacion est trop longue pour que nous puissions la reproduire ici. Il s’agit de Charles Skavronski: on y raconte comment il fut trouvé et amené ŕ Pétersbourg ŕ la présence de l’empereur et de l’impératrice. En reconnaissant en Skavronski le véritable frčre de la tsarine, Pierre dit ŕ son épouse):