Светлый фон

N. 425. – (L’impératrice Catherine accoucha d’un prince…) Soit que cette nouvelle abattît le courage d’Alexis, soit imprudence, soit mauvais conseil, il écrivit à son père qu’il renonçait à la couronne (573).

ALEX. l. 6. le courage d’Alexis. Je crois que le mot de courage se prend toujours en bonne part et alors il suppose une certaine fermeté d’âme qui manquait précisément à Alexis. Mais c’est à Vous d’évaluer la signification des termes; on les adoptera dans le sens qu’il Vous plaira de leur donner.

N. 426. – il paraît étrange que le czar voulût voyager en laissant dans ses États un fils si mécontant et si obstiné… A peine fut-il [le czar] à Copenhague qu’il apprit (ce qu’il pouvait présumer) qu’Alexis ne voyait que des mécontents qui flattaient ses chagrins (574).

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ALEX. p. 8. à peine fut-il à Copenhague qu’il apprit ce qu’il devait bien présumer qu’Alexis ne voyait que des mécontents. Cette parenthèse ce qu’il devait bien présumer, n’accuse-t-elle pas finement le Tsar de manque de prudence? Il a d’autant plus l’air d’un reproche qu’on vient de dire: il est étrange que le czar voulût voyager en laissant dans ses États un fils si mécontent.

Voltaire laissa sans changement les derniers mots, mais dans la phrase «à peine etc.» il substitua «pouvait présumer» à «devait bien présumer».

N. 427. – C’était à peu près la même aventure que celle de Louis XI lorsque, étant encore dauphin, il quitta la cour du roi Charles VII, son père, et se retira chez le duc de Bourgogne. Le dauphin était bien plus coupable que le czarovitz, puisqu’il s’était marié malgré son père, qu’il avait levé des troupes, qu’il se retirait chez un prince naturellement ennemi de Charles VII, et qu’il ne revint jamais à sa cour, quelque instance que son père pût lui faire. Alexis, au contraire, ne s’était marié que par ordre du czar, ne s’était point révolté, n’avait point levé de troupes, ne se retirait point chez un prince ennemi, et retourna aux pieds de son père sur la première lettre qu’il reçut de lui (574–575).

ALEX. p. 9. Le dauphin étoit bien plus coupable que le Tsarévitch puisqu’il étoit marié malgré son père qu’il avoit levé des troupes, qu’il se retirait chés un prince naturellement ennemi de Charles VII, et qu’il ne revint jamais à sa cour quelque instance que son père pût lui faire. – Cette comparaison de la conduite du dauphin avec celle du Tsarevits est ammenée trop manifestement à la charge de Pierre I. Le caractère et le genie des deux princes sont diamétralement opposés et s’il y a de la ressemblance dans quelques unes de leurs démarches, les motifs me paraissent trop différens pour les mettre au niveau. Vous savez, Monsieur, bien mieux que moi que Varillas Mezesai Mathieu disent que le dauphin quoique vieux dans le fond avoit de grandes qualités. Il étoit très habile dans l’art de régner, consommé [?] dans les ruses de la politique d’une valeur éprouvée. Il avoit été à plusieurs expéditions où il acquit beaucoup de réputation principalement par la défaite d’environ 5 mille Suisses près de Bâles qui s’étoient défendus avec une bravoure signalée. Charles VII voyait en lui un successeur dont les vertus et les vices se contrebalançaient tellement que la gloire du royaume ne courait aucun risque. Pierre I ne pouvoit envisager dans son fils que le destructeur de ses grands travaux et l’opprobre d’un empire qui lui devoit toute sa splendeur. Enfin le tsarevits avoit bien plus de vices que le dauphin sans avoir aucune de ses vertus. Il ne s’étoit pas marié, il est vrai, contre le gré de son père, mais il traita si mal une épouse accomplie qu’il avoit reçu de sa main, qu’il abrégea ses jours par les chagrins qu’il lui causa. Il n’a point formé de faction ouverte, il n’a point levé des troupes, mais avoit-il assez de tête et de dextérité pour conduire une entreprise de cette nature? Il avoue lui-même que si les rebelles l’avoient appellé et qu’ils eussent été assés forts, il se seroit déclaré pour eux..